Vous avez dit discours d’investiture ?
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Par Manuel RUBEN N’DONGO, écrivain franco-africain et Consultant politique.
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Réflexions !!
Demain dimanche 19 janvier, Mr Teodoro Obiang Nguema au pouvoir depuis 24 ans déjà, sera, parait-il, « investi d’un nouveau mandat » de sept ans. C’est-à-dire, qu’il devrait encore rester de longues années au pouvoir pour poursuivre le règne du péculat, de la gabegie, du racket des Occidentaux, des arrestations arbitraires et des assassinats politiques et ce, jusqu’en l’an 2010 ? C’est une plaisanterie !!
Là-bas à Malabo, on parle d’une pseudo investiture. Mais de qui et de quoi ? Pour quelle occasion ? Est-il nécessaire d’investir un homme qui garde le pouvoir par la force ? Cela ne constitue-t-il pas une opération de propagande à grande échelle visant à tromper l’opinion publique internationale afin d’occulter les abominables crimes commis par le régime en place ?
Heureusement que la communauté internationale n’est pas dupe !! Ce gueuleton du P.D.G.E et de ses commanditaires ne pourra effacer les 34 années d’assassinats politiques.
Il est sûr que demain, les réseaux de répression « du parti du peuple » forceront les femmes affamées, ventres vides et le virus du SIDA dans les veines, à venir danser et chanter à la gloire du dictateur bien aimé.
Bien sûr que demain, les jeunes ivres et drogués, déscolarisés et sans perspectives d’avenir viendront gonfler artificiellement les rangs de celles et ceux qui ont peur de la répression pour applaudir le discours du « frère bienfaiteur. » En fait, tous les ingrédients sont là pour renforcer le culte de la personnalité façon Kim Il-Sung de la Corée du Nord ou de Nicolae Ceausescu de Roumanie. Car entre eux et Obiang Nguema, il n’y a aucune différence.
Ce que le peuple équato-guinéen attend du pseudo discours que va prononcer demain Mr Teodoro Obiang Nguema, c’est qu’il annonce la libération immédiate de tous les prisonniers politiques et ce, sans exception ni condition.
Ce que le peuple de Guinée-Équatoriale attend demain, c’est que Mr Teodoro Obiang Nguema déclare les dernières élections du 15 décembre dernier nulles et non avenues.
Ce que les Equato-guinéens, toutes tendances confondues, attendent de la déclaration du Président autoproclamé élu, c’est qu’il annonce son abdication immédiate. Et par la même occasion, remettre le pouvoir aux civils par la réorganisation de nouvelles élections générales libres et ce, sous contrôle international.
Ce que la communauté internationale attend du discours du Président Obiang Nguema de demain, c’est qu’il décide enfin d’instaurer une véritable démocratie qui permettra à ce pays, la Guinée-Équatoriale, de réorganiser son système administratif, économique, financier & institutionnel.
A propos de la pseudo amnistie dont chuchote l’entourage du Président Obiang Nguema, quelques questions me reviennent à l’esprit : Qui, du régime en place ou des Equato-guinéens emprisonnés arbitrairement a du sang sur les mains ? Qui des thuriféraires au pouvoir ou des Equato-guinéens exilés à travers le monde a commis les pires atrocités ? Depuis quand des personnes accusées de génocide et de crimes contre l’humanité doivent-elles accorder l’amnistie à ceux qui sont, ou ont été victimes du système ?
Si amnistie il doit y avoir, ce n’est pas au régime en place et qui plus est responsable de ce génocide de prononcer une quelconque amnistie, mais c’est au peuple de Guinée-Équatoriale libre de toute dictature de décider, si oui ou non il accepte de pardonner à ses bourreaux.
Si Mr Obiang Nguema Nguema s’estime investi de sagesse, demain, il devrait prendre des décisions courageuses pour qu’enfin le peuple puisse prendre en main son destin dans la fraternité et la cohésion nationale.
Il faut en finir avec la démagogie et les discours creux sans lendemain. Il faut en finir avec la stupide obstination du pouvoir qui ne peut que vous entraîner dans un suicide politique.
Mr le Président, seul votre abdication pourra permettre au peuple de Guinée-Équatoriale de vous pardonner, peut être.
A vous de saisir cette dernière opportunité de réconciliation nationale.
Comme le dit un vieux proverbe français : « on ne peut pas construire du neuf sur du vieux. »
Manuel RUBEN N´DONGO
Fuente: Melle Marie-Caroline DE MIREPOIX F.R.R.A.G.E - PAR