Des fêtes dictatoriales inutiles… & les fastes d’un gueuleton trivial !
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Par Manuel RUBEN N’DONGO, fondateur des F.R.R.A.G.E, écrivain-consultant politique & Chairman of the Executive Council of C.A.R.M.O.E.G.
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Demain dimanche 03 août 2003, le caporalisme nguemien s’apprête à fêter en grande pompe, le 24ème anniversaire de l’accession au pouvoir de M. Teodoro Obiang Nguema et ce à un moment où le pays traverse une grave crise politique et socio-économique : les citoyens meurent de faim et de malnutrition, le SIDA et autres maladies vénériennes font des ravages au sein de la population et ceci provoque la déstructuration du tissu social de la Guinée-Équatoriale, la malaria cérébrale qui provoque une mort foudroyante est la première cause de mortalité dans ce petit émirat pétrolier et elle emporte chaque jour des dizaines d’hommes, de femmes et d’enfants ; les hôpitaux sont délabrés et désespérément vides de médicaments, les infrastructures routières sont hors d’usage, l’eau potable, l’électricité manquent cruellement. Pendant ce temps, le partage du « gâteau pétrolier » par le clan au pouvoir qui s’enrichit de plus en plus se poursuit et ce, sous l’œil complaisant d’une communauté internationale affairiste qui se tait et reste autiste devant les crimes et massacres commis depuis un quart de siècle par la dictature nguemienne.
En raison du rôle néfaste et dévastateur joué en Guinée-Équatoriale par les États socialo-communistes (URSS, Cuba de Castro, Corée du Nord, Chine de Mao, ou encore les communistes espagnols…) dans leur soutien actif à la dictature nguemienne pendant les années sombres où les bourreaux du régime scalpaient chaque jour des milliers d’opposants, mon aversion aux inspirations socialisantes est indéniable. Car le socialo-communisme c’est la mort et la désolation !!
Ce sont les adeptes (Obiang Nguema et ses thuriféraires, fans de Che Guevara et de Castro…) de cette doctrine meurtrière issue du goulag qui ont transformé la Guinée-équatoriale en un vaste cimetière. En trente quatre années de règne, le clan au pouvoir a assassiné plus de 50 000 innocents pour un pays de moins de 30 000 M2 de superficie et peuplé seulement de 500 000 habitants.
C’est un véritable crime contre l’humanité ! C’est un génocide à grande échelle car, celles et ceux qui, depuis le 05 mars 1969 à nos jours ont été assassinés, sont morts pour rien puisqu’en Guinée-Équatoriale, il n’y a jamais eu, ni rébellion armée, ni assassinat d’un dignitaire du régime par un groupe d’opposants armés, ni quoi que se soit qui pouvaient justifier un tel acte de barbarie à l’égard d’un peuple innocent et désarmé.
* La République des Nguema tue des innocents, transformés en pseudos opposants, pour cause de tribalisme et de régionalisme
* Le régime des Nguema tue un peuple innocent par complexe d’infériorité dont souffrent ses dignitaires
* En Guinée-Équatoriale, « l’Obiangisme » des relents ataviques tue des gens inutilement pour ses seuls appétits d’anthropophagie et de sorcellerie dont les nombreux sacrifices humains sont censés conforter un régime moribond
Mais face à ces barbaries, n’est-il pas dans l’intérêt de la communauté internationale, de l’ONU, de l’Espagne, des USA, du Maroc, de France, de l’OUA ou de l’Union Africaine d’agir pour sauver le peuple équato-guinéen de la misère et de la mort ?
Quelle légitimité peut incarner un homme qui, non seulement maintient injustement en prison des centaines de milliers d’opposants innocents, mais aussi est l’auteur principal des actes de génocide qui ont été commis en Guinée-Équatoriale depuis le 05 mars 1969 ?
Si la coalition anglo-américaine a chassé récemment le dictateur sanguinaire Saddam Hussein du pouvoir et rêve d’instaurer une vraie démocratie en Irak, pourquoi les États Unis d’Amérique qui ont des intérêts pétroliers en Guinée-Équatoriale n’ont-ils pas encore compris que l’homme fort de Malabo est un criminel responsable de plusieurs milliers d’assassinats d’innocents ?
Si l’Union Européenne, la Grande Bretagne, les USA et les autres en Occident pourchassent le dictateur Zimbabwéen Robert Mugabé pour ses multiples violations des Droits de l’Homme qui, à coté des crimes commis en Guinée-Équatoriale est loin derrière Obiang Nguema, pourquoi n’ont-ils pas le même empressement pour déloger le criminel de Malabo ?
Si l’ex-dictateur de Yougoslavie ou de Serbie M. Milosevic est actuellement incarcéré en Hollande pour « crimes contre l’humanité » pour des actes commis en tant de guerre, alors pourquoi celui qui, en Guinée-Équatoriale a commis les actes de barbaries les plus effroyables en temps de paix pendant 34 ans n’est-il pas poursuivi par la communauté internationale et par les tribunaux internationaux de la Haye ?
Si dans le conflit libérien, les USA et les occidentaux exigent, comme condition préalable au règlement pacifique de l’affaire, le départ du Président Charles Taylor, pourquoi ne pas prévaloir ces mêmes exigences en Guinée-Équatoriale pour éradiquer la dictature afin que ce pays puisse enfin vivre en paix sous un régime véritablement démocratique ?
Pourquoi l’omerta et deux poids et deux mesures lorsqu’il s’agit de la Guinée-Équatoriale ?
Certes la Guinée-Équatoriale a du pétrole, certes le dictateur a concédé à certains groupes de multinationales des licences avantageuses dans l’exploitation des ressources pétrolières du golfe de Guinée…, mais est-ce une raison suffisante pour donner « une licence de permis de tuer et d’incarcérer » des opposants innocents qui ne demandent qu’à vivre en paix et en démocratie dans un Etat de droit ?
Obiang Nguema n’a pas le monopole de la négociation quant aux richesses nationales du pays !!
Un régime démocratique soutenu par le peuple peut, lui aussi négocier avec les multinationales afin que l’argent issu des ressources pétrolières soit investi dans des projets de développement du pays et dans l’amélioration des conditions de vie au quotidien des citoyens.
Or, c’est l’inverse qui se produit en Guinée-Équatoriale, non seulement les crimes de sang sont commis depuis des années dans ce pays, mais aussi, depuis que les Nguema sont devenus les « nouveaux riches de l’Afrique Centrale » grâce à l’argent du pétrole, le peuple équato-guinéen lui, sombre encore plus dans le chaos et la misère.
Les vertus humaines de la conscience universelle dont les Occidentaux se font l’avocat ne sont-elles pas trahies en Guinée-Équatoriale ?
Si Saddam Hussein, AL Kaïda, Taylor, Mugabé et les autres sont vilipendés par l’Occident, le soutien silencieux à un despote sanguinaire tropical pour quelque motif que ce soit (y compris le pétrole), ne saurait être justifié.
Et pourtant, depuis des années, les différents rapports émis par Amnesty International, la CIA, la DGSE, les ONG et les diplomates en poste dans la capitale équato-guinéenne sont à la foi, alarmants & formels : la Guinée-Équatoriale est dirigée par une implacable dictature !!
En raison de ma philosophie politique qui est proche de la pensée démocratique libérale occidentale, il n’est pas dans mes habitudes de stigmatiser celles et ceux que nous considérons comme étant les promoteurs des valeurs de la civilisation occidentale laïque et chrétienne. Valeurs qui fondent depuis des siècles en Occident, les bases des démocraties parlementaires & institutionnelles qui enrichissent les débats démocratiques au sein d’assemblées souverainement élues par les peuples. Mais en tant que représentant mandaté par une communauté des forces politiques du pays frappées dans leur chair par l’oppression et la misère que leur font subir le clan au pouvoir, je me dois de poser ces quelques questions et inviter la communauté internationale à plus de réflexion et de responsabilité pour que soit mis fin à l’horrible dictature qui étrangle un peuple innocent.
Le peuple équato-guinéen, au travers de ses représentants civils, militaires, politiques et religieux, a manifesté dernièrement son désir de tourner définitivement la page de la dictature nguemienne (cf. aux lettres et diverses déclarations reçues). La constitution récente du C.R.A.M.O.E.G au sein duquel se rassemble de plus en plus l’ensemble du peuple équato-guinéen qui ne se reconnaît plus en Teodoro Obiang Nguema, est la preuve que la Guinée-Équatoriale aspire enfin à un réel changement de régime et des institutions autocratiques.
Le 03 août 1979, en destituant son oncle Macias Nguema, M. Obiang Nguema avait promis la vraie démocratie au peuple de Guinée-Équatoriale et souligna par la suite que, « l’armée ne confisquera pas le pouvoir, que dès que possible, le pouvoir sera remis rapidement à un gouvernement civil après élections présidentielles et législatives… » Mais 24 ans plus tard, nous en connaissons les résultats : Obiang est toujours là cramponné au pouvoir qu’il a utilisé pour poursuivre les assassinats des innocents et appauvrir ceux qui ne sont pas dans son cercle familial. C’est-à-dire, plus de 99,99% de la population équato-guinéenne.
Ce que le peuple équato-guinéen attend demain, c’est que le régime annonce :
1-) La libération de MM. Felipe Ondo Obiang, Placido Mico Abogo et de tous les détenus politiques
2-) La fin de la dictature et l’organisation immédiate de sa succession par l’organisation d’élections présidentielles libres sous contrôle total international de l’ONU et de l’Union européenne
3-) Son désir de rencontre avec l’opposition réunie au sein du C.R.A.M.O.E.G et ce, dans un pays neutre, en vue de mettre en œuvre un programme commun de transition.
Sans ces indispensables mesures de changement, le gueuleton de demain, quel que sera le nombre d’invités conviés à bâfrer à cet événement qui, une fois de plus, augure l’arbitraire du régime, se dégonflera rapidement. Car la communauté internationale n’est plus dupe ! Grâce aux puissants mendias occidentaux, elle sait tout maintenant et finira par soutenir la peuple équato-guinéen en lutte pour la démocratie et la stabilité sociale.
Manuel RUBEN N’DONGO,
Coordonnateur des F.R.R.A.G.E et
Président du Conseil Collégial Exécutif du CARMOEG
Chairman of the Executive Council of C.A.R.M.O.E.G.
Fuente: Melle DE MIREPOIX