Communiqué de Presse
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Le C.F.F.E, Cercle féminin pour la Promotion de la Femme Équato-guinéenne (Association des femmes de Guinée-Équatoriale victimes de la dictature de Teodoro Obiang Nguema), présidé respectivement par Madame Maria-Corona TOMO-ATE et Melle Magdalena ADA-ACURUBANG a décidé d’adhérer au sein du C.R.A.M.O.E.G (Collectif de Rassemblement d’Associations & Mouvements d’Opposition Équato-Guinéenne).
Cette décision a été prise après mûres réflexions sur la situation politique de la Guinée-Équatoriale et sur le sort réservé à des centaines de milliers de femmes équato-guinéennes, devenues depuis des décennies, les objets sexuels des hommes au pouvoir depuis 35 ans déjà.
Nous, femmes de la Guinée-Équatoriale, subissons chaque jour, la « loi des hommes les plus forts. » C’est-à-dire, les hommes au pouvoir. Avant même d’atteindre l’âge de la puberté, nous sommes contraintes d’aller au lit (dès 09, 10 et 12 ans) avec les notables du régime.
Dans de nombreux villages par exemple, lorsque préfets et sous-préfets ; officiers des Forces Armées, Ministres et autres hauts fonctionnaires effectuent périodiquement des déplacements à l’intérieur du pays à l’échelle nationale ou régionale, des jeunes filles à peine pubères, sont arrachées à leurs parents et remises entre les mains de ces hommes de pouvoir.
Peu après la nuit tombée, elles sont amenées, contre leur gré, dans des chambres pour y subir d’ignobles actes sexuels non désirés.
Atterrés, les parents qui osent lever le petit doigt pour protester contre de tels procédés inhumains sont arrêtés et conduits manu militari au poste de police ou de gendarmerie pour y subir des humiliations et menaces de mort.
A ces multiples offenses faites aux parents, s’ajoutent les mariages forcés. Des parents sans ressources, sans moyen de subsistance et sans autre alternative se voient obligés de céder leurs bambines aux hommes les plus riches du pays. C’est ainsi que Ministres et hauts fonctionnaires sont devenus polygames. Certains allant même jusqu’à épouser entre 3 et 5 femmes !
Et en tant que chaud lapin, de nombreux enfants adultérins naissent en Guinée-Équatoriale. Abandonnés par les seigneurs du régime, ces enfants en manque de paternité sont laissés à leurs jeunes adolescentes mamans qui n’ont que trop souffert de leur enfance pour en plus assumer le rôle prématuré de « maman. »
Résultat : les parents de ces jeunes filles immatures devenues mères inopportunes, deviennent, par la force des choses, les vrais parents de leurs petits enfants.
Pour un pays de tradition catholique depuis plus de deux cents ans, c’est un leurre. C’est une tragédie !!
En Guinée-Équatoriale d’aujourd’hui, nos sœurs ont perdu les vraies valeurs morales. Pour gagner de l’argent à tout prix, la prostitution est devenue monnaie courante puisque encouragée par la dictature en place.
Le SIDA fait des ravages parmi la population. Plus de 60 % des élites sont atteintes par le syndrome du VIH 1 et 2. De ce point de vue, la mortalité de nos populations contaminées par cette épidémie foudroyante atteint des sommets fulgurants. La femme équato-guinéenne, relayée au rang d’esclave sexuelle et ménagère ne joue aucun rôle dans la vie sociale politique et économique du pays. Elle est devenue une simple marchandise, un objet sexuel au service des gouvernants.
C’est la raison pour laquelle, nous, femmes de Guinée-Équatoriale en exil, avons décidé de constituer une structure associative dont le but est de lutter afin qu’en Guinée-Équatoriale, le jour où la dictature sera tombée, la femme puisse retrouver sa place d’avant le 05 mars 1969.
Grâce au projet politique que propose M. Manuel RUBEN N’DONGO et le C.R.A.M.O.E.G qu’il préside, nous, femmes victimes de la dictature de Teodoro Obiang Nguema, sommes convaincues, que demain, la femme sera réhabilitée en Guinée-Équatoriale et qu’une place lui sera réservée dans la vie active du pays.
A cet effet, nous lançons un appel à toutes les femmes de Guinée-Équatoriale victimes de la lois des hommes au pouvoir, de rejoindre le C.F.F.E, afin qu’ensemble nous puissions lutter aux côtés du C.R.A.M.O.E.G pour accélérer le processus de l’éradication de la sanglante dictature en Guinée-Équatoriale.
Pour nous contacter, merci de nous envoyer votre demande d’adhésion. Nous respecterons l’anonymat de toutes les requérantes. Merci à toutes.
Maria-Corona TOMO-ATE
Magdalena ADA-ACURUBANG
Contacts C.F.F.E. : maria18corona@hotmail.com
Fuente: TOMO-ATE