- Excellence, Monsieur le Président des États Unis d’Amérique,
- Sa Majesté le Roi Mohamed VI
- Excellence, Monsieur le Président de la République Française,
- Excellence, Monsieur le Premier Ministre Espagnol,
- Excellence, Monsieur le Premier Ministre du Royaume-Uni,
- Excellence, Monsieur le Président du Conseil Italien,
- Excellence, Monsieur le Président de la République Sud-Africaine,
- Excellence, Monsieur le Président de la République Gabonaise,
- Excellence, Monsieur le Président de la République Unie du Cameroun,
- Excellence, Monsieur le Président en Exercice de l’Union Africaine,
- Honorable Monsieur le Secrétaire Général de l’ONU,
- Honorable Monsieur le Président du Conseil de Sécurité des Nations-Unies,
- Honorable Monsieur le Président du Parlement Européen,
- Honorable Monsieur le Président du Conseil de l’Union Européenne,
- Défenseurs des Droits de l’Homme du Monde entier,
- Honorables Mesdames et Messieurs,
Le peuple martyr de Guinée-Équatoriale, par le truchement de ses filles et fils rassemblés au sein du C.R.A.M.O.E.G (Collectif de Rassemblement d´Associations et Mouvements de l´Opposition Équato-Guineénne), a l’honneur de s’adresser à vous en ce début de l’année 2004 afin de vous rappeler, que sous les tropiques africains du Golfe de Guinée, règne toujours, une féroce dictature qui, en trente cinq années de pouvoir absolu, a déjà fait plus de 50 000 victimes, pour une population estimée à moins de 600 000 habitants ! C’est une véritable hécatombe, une indescriptible hémorragie.
Et le comble, c’est que ce génocide ne s’arrête pas là !
En effet, au moment même où nous vous adressons cette requête de doléances, une atroce répression s’abat en Guinée-Équatoriale et le dictateur de Malabo poursuit, comme si rien ne pouvait l’ébranler, ses sales besognes.
Les populations toutes catégories confondues sont victimes de cette énième répression injustifiée. Fonctionnaires, parlementaires, paysans et militaires accusés injustement de subversion ont été arrêtés récemment ainsi que des membres de leurs proches familles.
Excellences, Mesdames et Messieurs, comme vous le savez, le régime que préside M. Teodoro Obiang Nguema en Guinée-Équatoriale depuis le 03 août 1979 est illégal, anticonstitutionnel et impopulaire !
Car, c’est à la suite d’une révolution de palais contre son oncle (M. Francisco Macias Nguema, premier despote 1968-1979) que l’actuel Néron équato-guinéen s’est emparé du pouvoir par la force en créant aussitôt un « Conseil Militaire Suprême » qui, une fois au pouvoir, n’a pas perdu de temps pour imposer un régime de férocité. Et pourtant, M. Obiang Nguema avait promis de restituer rapidement le pouvoir à un régime civil politique.
Promesses en l’air !!
Car, quelques mois seulement après avoir conforté son pouvoir et ses instruments de répression, l’ex-bourreau de Macias Nguema, devenu chef d’État de circonstance, pour soigner son image vis-à-vis de la communauté internationale et de l’Occident, n’a pas hésité à organiser des pseudos « élections présidentielles » frauduleuses contrôlées par des hommes en armes que lui-même avait recrutés pour former sa garde prétorienne.
Ces opérations de diversion lui rapporteront d’ailleurs gros car, peu de temps après, elles viendront « légitimer » un régime de sang et de férocité.
Un bref retour en arrière permettra de nous rafraîchir la mémoire !
Après les vicissitudes postindépendance et l’avènement au pouvoir de la deuxième dictature de Nguema II (à l’instar de Duvalliers en Haïti) en 1979, à première vue, l’Espagne, si bien qu’organisatrice en chef de la chute de Macias Nguema, n’approuve pas « trop » ce régime présidé par un homme au passé trouble et obscur dans le massacre de nombreux opposants équato-guinéens sous Macias.
Mais le nouvel homme fort de Malabo, pour avoir été, non seulement le célèbre élève sorti des ateliers politiques marxistes de Fidel Castro, mais aussi admirateur adulé de la doctrine révolutionnaire d’Ernesto Che-Guevara, est rusé et machiavélique. Il manie aisément le verbe du cynisme pour gagner la confiance d’un Occident désabusé et d’une opinion publique internationale méconnaissant le calvaire que vit la Guinée-Équatoriale depuis la décolonisation.
Malgré les résultats fantaisistes de nombreuses « élections » organisées à la hâte et toujours truquées en faveur du despote, et malgré également de nombreuses atrocités commises dans le passé sous le règne de l’oncle, malgré enfin les crimes qu’il commet régulièrement dans l’exercice de ses fonctions de Chef de l’État confortablement établi, M. Obiang Nguema est devenu, au fil des ans, « l’homme fréquentable » pour de certains pays occidentaux.
De ce point de vue, se sentant très fort et « soutenu par l’Occident » parce qu’aucune sanction internationale ne pèse sur son régime, le dictateur de Malabo a cru ainsi avoir obtenu « carte blanche » ou « le permis de tuer » et de réprimer en toute impunité ses propres compatriotes.
C’est ce qui se passe aujourd’hui en Guinée-Équatoriale depuis l’indépendance en octobre 1968.
Le malheur du peuple équato-guinéen provient aussi du fait qu’il a été abandonné par l’ex-puissance coloniale qui a préféré collaborer avec le système des dictatures plutôt que d’aller au secours des opposants et populations en péril.
Plusieurs raisons résultent peut être de ces incompréhensions politiques de l’ex-puissance coloniale. En effet, au moment où la Guinée-Équatoriale accédait à l’indépendance le 12 octobre 1968, l’Espagne vivait déjà dans l’incertitude politique car, le Général Franco vieux et très malade avait créé un précédent de vide dans les décisions politiques pour la protection des populations de son ancienne colonie.
De plus, l’organisation de l’ETA pesait sur la vie publique espagnole. Et quatre ans plus tard, le bras-droit de Franco, M. Luis Carrero Blanco était assassiné en décembre 1973.
Mais le franquiste M. Carlos Arias Navarro qui pris en main les affaires politiques du pays était dépourvu de toutes assises politiques saines et n’avait aucune envergure en matière de diplomatie internationale.
De prime abord, les problèmes des pays basques préoccupent au plus haut sommet ! L’ETA qui vient de faire tomber l’un des symboles du franquisme fait terriblement peur !! En fait, le pouvoir espagnol vacille.
En Guinée-Équatoriale où sévit de plus en plus, une féroce dictature dirigée par Teodoro Obiang Nguema et ses thuriféraires, règne une étrange omerta ! Personne en Espagne, ex-puissance coloniale, ne semble se préoccuper de l’avenir de ce petit pays tropical « nègre » de l’Afrique Centrale livré à lui-même, dans les affres de la misère et du despotisme nguemien.
Les Équato-guinéens meurent par dizaine chaque jour, l’omerta couvre les crimes de sang, la réaction des médias occidentaux et d’une opinion publique internationale fait cruellement défaut, le dépeuplement ou l’exode s’accentue. La terreur des Nguema bat de records d’assassinats. Bref, on assiste à la disparition, à petit feu, de tout un peuple.
Ça ne fait rien !! Les morts équato-guinéennes ne sont pas espagnols, ne sont pas « blancs. » En moins d’un quart de siècle, plus de cinquante mille personnes ont déjà été assassinées.
Quelle cruauté !!!
Lorsque le Général Franco meurt en novembre 1975 et est remplacé par le jeune Roi Juan Carlos, c’est déjà trop tard. Car, le couple dictatorial (Macias-NguemaƆbiang-Nguema) équato-guinéen règne depuis longtemps en maître sur un peuple assujetti, terrorisé et meurtri par des années de plomb et d’affreux supplices que les bourreaux du régime lui ont infligés.
Ce que nous pouvons déplorer, c’est qu’à l’instar des autres ex-puissances coloniales africaines, l’Espagne n’a pas été en mesure de protéger les populations de son ancien protectorat, victimes de la barbarie.
Hors des frontières équato-guinéennes, en dépit de la férocité du régime, en dépit également de diverses dénonciations de la cruauté du régime émanant de l’opposition et des organisations de défense des Droits de l’Homme, tel qu’Amnesty International, personne dans les grandes démocraties ne semble s’émouvoir du sort du petit peuple équato-guinéen que les Nguema ne cesse de détruire.
Un peuple, une race humaine ou un groupement ethnique aussi petit soit-il, ne mérite-t-il pas survie, protection et assistance ?
Or, en Guinée-Équatoriale, ce n’est pas le cas.
Quel gâchis pour l’humanité !
Quel affront pour cet Occident qui a toujours clamé haut et fort le respect des Droits de l’Homme !
Quel mépris à l’égard des défenseurs des libertés fondamentales !
Quelles absurdités politiques vis-à-vis de ceux qui prônent ici ou là, la morale politique.
Ce qui est le plus scandaleux, c’est l’habilité politique dont fait preuve le despote de Malabo dans ses diverses manœuvres politiques destinées à conserver le pouvoir sous le parapluie de certains intérêts des puissances occidentales ou européennes.
Allié de longue date des Russes (sous la guerre froide), des Nord-coréens, des Chinois, des Cubains et des autres pays socialo-communistes, après l’effondrement du système communiste, le dictateur de Malabo n’a pas hésité à changer son fusil d’épaule.
D’abord il s’est rapproché des Espagnols, ex-puissance coloniale, puis des Français et des Américains. Grâce aux puits de pétrole qui ne lui appartiennent pas en tant qu’individu, Obiang Nguema utilise la ruse pour déstabiliser les relations politiques entre pays alliés européens ou occidentaux.
Dans le passé, pour échapper à une éventuelle colère de la France contre un despote sanguinaire, le dictateur mena une opération de charme en direction de Paris et précipita l’entrée de la Guinée-Équatoriale dans la « zone franc » donc d’influence française. Mais cette ruse ne s’arrêta pas là, pour garder le contrôle du pays, à coups de millions de Frs CFA, Obiang Nguema a aussi corrompu par la suite certains « partis politiques dits d’opposition » dont les dirigeants vénaux sont acquis à sa cause.
De plus, il a muselé toute l’opposition interne. Toutes celles et tous ceux qui osent lever le petit doigt pour critiquer le régime sont systématiquement brutalisés, arrêtés, incarcérés, torturés et assassinés.
Excellences, Mesdames et Messieurs, sachez que la démocratie n’existe pas en Guinée-Équatoriale et, depuis l’instauration de la dictature dans ce pays le 05 mars 1969, aucune élection véritablement démocratique n’a été organisée. A chaque « consultation électorale » organisée par le régime en place dans le seul but d’obtenir, coûte que coûte, une pseudo légitimité du peuple, tout est fait pour que le despote en place conserve le pouvoir.
Le dictateur qui se croit investi de la confiance du peuple se trompe lourdement ! Car, d’hier à aujourd’hui, cet homme, sans loi ni foi, n’a jamais bénéficié de la confiance du peuple équato-guinéen qu’il ne cesse de martyriser. Il a pris le pouvoir par les armes et se maintient au pouvoir par la force.
Si M. Teodoro Obiang Nguema est si sûr de lui, qu’il bénéficie de la confiance totale du peuple comme il le dit souvent, nous aimerions alors lui lancer un défi démocratique :
- Qu’il organise immédiatement l’élection présidentielle sous contrôle total international et à laquelle participeront tous les leaders politiques de l’opposition en exil,
- Si M. Teodoro Obiang Nguema est si sûr de la confiance que lui apporte le peuple comme il le prétend dans tous ses discours creux et démagogiques, qu’il laisse librement le peuple faire son propre choix au travers d’une élection transparente,
- Si M. Teodoro Obiang Nguema se sent si démocrate et qu’il n’a pas peur d’affronter démocratiquement par les urnes, les leaders de l’opposition démocratique en exil, il doit alors laisser le déroulement d’une telle élection aux bons soins de l’ONU, de l’Union Européenne et de la communauté internationale. C’est-à-dire, que tous les bureaux de vote soient sous contrôle total d’assesseurs et juristes européens. Car la seule présence d’Equato-guinéens ou d’Africains dans un bureau de vote constitue déjà un acte d’intimidation en direction de ceux qui auraient voulu voter contre le despote puisque les citoyens votants ne savent pas qui, devant les urnes, est pour le dictateur et qui surveille qui.
La présence de non-africains (assesseurs européens par exemple) devant les bureaux de vote dans une élection présidentielle en Guinée-Équatoriale serait le seul gage de garantie d’une consultation électorale nationale transparente et démocratique.
De là, nous verrons bien si M. Teodoro Obiang Nguema peut se prévaloir d’obtenir un quelconque résultat en sa faveur.
Ce qui est surprenant, c’est d’entendre dans les discours prononcés ici ou là par le despote de Malabo parler de « démocratie, des Droits de l’Homme, de développement… »
Lors de son discours de nouvel an, M. Obiang Nguema a, pour une énième fois, prononcé les mots magiques perfides qu’il aime si bien citer à chacune de ses apparitions en public.
Mais, de quel « Démocrature » s’agit-il ? À vrai dire, peut-on parler de démocratie lorsqu’on s’est rendu coupable de l’assassinat de plus de 50 000 personnes ?
Peut-on parler de démocratie et des Droits de l’Homme lorsque l’on incarcère injustement tous les jours des innocents ?
Peut-on parler des Droits de l’Homme lorsqu’un quart de la population vit en exil ?
Peut-on parler de démocratie et des Droits de l’Homme lorsque l’on détient illégalement en prison des centaines de milliers de détenus politiques ?
… Et le développement !! De quel développement économique de la Guinée-Équatoriale s’agit-il ?
Peut-on parler de développement lorsque le système bancaire et économique est sinistré ?
Peut-on parler de développement du pays lorsque les routes sont délabrées, les écoles publiques en mauvais état ou inexistantes, les hôpitaux insalubres, insuffisants et manquant cruellement de médicaments… ?
Peut-on parler de développement lorsque l’électricité et l’eau potable font défaut sur l’ensemble du territoire national ?
Peut-on parler de développement lorsque les systèmes de transports en commun sont quasi inexistants ?
Peut-on parler de développement lorsque les paysans et les citadins vivent dans l’immondice et manquent cruellement de logements décents ?
Peut-on parler de développement lorsque les plus hautes autorités de l’État détournent systématiquement les deniers publics ?
Au fait, de qui se moque-t-on dans ces invraisemblables discours ?
Excellences, Mesdames et Messieurs, nous croyons qu’il est grand temps pour que le despote de Malabo puisse rendre des comptes à l’opinion publique internationale sur les nombreuses atrocités qu’il a déjà commises depuis 35 ans. Il est grand temps pour le peuple équato-guinéen de sortir de son impasse politique afin qu’il puisse choisir librement ses nouveaux dirigeants par voie démocratique.
Excellences, Mesdames et Messieurs, la démocratie que vous réclamez haut et fort dans les instances internationales en faveur des peuples irakiens, afghans, libériens, ivoiriens ou zaïrois, pourquoi ne le faites-vous pas pour le peuple de Guinée-Équatoriale lui aussi victime depuis 35 ans d’une implacable dictature ?
Si vous, grandes démocraties occidentales ou européennes avez œuvré pour plus de liberté et de démocratie en Irak ou au Libéria, pourquoi ne défendez-vous pas cette même prise de position en Guinée-Équatoriale où règne un despote sanguinaire depuis 25 ans déjà ?
Si MM. Mobutu de l’ex-Zaire, Duvalier d’Haïti, Bokassa de Centrafrique, Ratsiraka de Madagascar, Milosevic de Yougoslavie, Taylor du Libéria, les Talibans d’Afghanistan ou Saddam Hussein d’Irak ont été chassés du pouvoir en raison de leurs manquements graves aux Droits de l’Homme et aux multiples crimes qu’ils ont commis dans leurs pays, pourquoi le despote de Malabo est-il toujours là, au pouvoir ?
Pourquoi l’homme qui tue chaque jour ses propres compatriotes, pratique d’horribles tortures, emprisonne arbitrairement des innocents et bafoue les Droits de l’Homme peut-il prétendre prévaloir une quelconque légitimité auprès d’un peuple qu’il meurtrit autant ?
De quelle légitimité peut-il (le dictateur de Malabo) prétendre aujourd’hui pour signer, au nom du peuple équato-guinéen qu’il assassine sans cesse, les contrats, accords et conventions internationales ?
Le règne, le régime et les attributs de « chef d’État » dont bénéficie M. Obiang Nguema depuis 25 ans émanent de quelle légitimité souveraine et démocratique ?
Quelle élection libre et véritablement démocratique a conféré ses pouvoirs à M. Teodoro Obiang Nguema ?
Au nom de quel droit si ce n’est celui qui viole systématiquement les Droits de l’Homme et ordonne l’assassinat de plusieurs centaines de milliers de ses compatriotes peut-il incarner la légitimité souveraine et engager en même temps la responsabilité de son peuple pour signer des accords économiques et politiques internationaux ?
Pourquoi les pratiques & dérives dictatoriales que les peuples occidentaux n’admettent pas dans le fonctionnement de leurs propres institutions le toléraient-ils pour les peuples africains ?
Si les discours politiques occidentaux ou européens consistent aujourd’hui à faire émerger la démocratie au Proche et Moyen-Orient, pourquoi la Guinée-Équatoriale, qui vit depuis 35 ans sous le règne de l’arbitraire et de terreur, devrait-elle en être exclue ?
Ces questions dont la liste est loin d’être exhaustive constituent la base d’une réflexion qui doit nous conduire à aller rapidement au secours du peuple de Guinée-Équatoriale meurtri.
Excellences, Mesdames et Messieurs, celles et ceux qui ont des intérêts économiques et politiques en Guinée-Équatoriale doivent savoir que seul un régime démocratique soutenu par une large majorité du peuple peut garantir durablement leurs affaires.
Celles et ceux qui ont déjà leurs investissements en Guinée-Équatoriale doivent aussi savoir, que leurs intérêts ne seront pas menacés par l’avènement d’un gouvernement démocratique qui œuvrera pour la prospérité économique et sociale de tous les citoyens sans aucune discrimination.
Enfin nous, C.R.A.M.O.E.G, investi par la volonté d’une large majorité de la population équato-guinéenne au travers de ses représentants politiques de l’opposition démocratique toutes ethnies confondues, voulons apporter notre assurance aux opérateurs économiques étrangers présents en Guinée-Équatoriale. Nous voulons leur affirmer notre disponibilité de collaboration en leur disant, que notre avènement au pouvoir ne remettra pas en cause, ni leur présence, ni leurs intérêts. Ils n’ont rien à craindre de nous, ni du C.R.A.M.O.E.G.
Nous, C.R.A.M.O.E.G, sommes suffisamment aguerris pour aborder les dossiers économiques et politiques avec plus de responsabilité, de compétence et de rigueur pour que l’argent issu de l’exploitation de nos ressources pétrolières soit utilisé, non plus pour renflouer à l’étranger les comptes bancaires des dignitaires du régime, mais pour :
1-) Construire des routes, des hôpitaux, des logements sociaux, des écoles et des bâtiments administratifs sur l’ensemble du territoire national,
2-) Lutter efficacement contre la propagation de l’épidémie du SIDA, soigner les malades et éradiquer la pénurie de médicaments dans nos hôpitaux. Nous porterons une attention particulière à la santé publique de nos populations afin que chacun d’entre nous puisse bénéficier de soins médicaux adéquats nous assurant bonne santé et longue vie,
3-) Lutter efficacement contre la malnutrition et procurer soins, nutrition et éducation à nos enfants,
4-) Payer ou rembourser la dette extérieure de l’État, augmenter la bourse de nos étudiants à l’étranger en tenant compte du coût de la vie des pays où ils vivent ; améliorer la vie de nos fonctionnaires et militaires, en augmentant substantiellement leurs salaires afin qu’ils puissent vivre décemment,
5-) Créer un réseau d’eau potable, d’électricité et de communication digne de ce nom sur l’ensemble du territoire national,
6-) Réformer le système éducatif : enseignement primaire, secondaire et supérieur,
7-) Réorganiser l’administration et le système bancaire,
8-) Réorganiser l’agriculture et la paysannerie,
9-) Créer le système de protection social (assurance-maladie & vieillesse), maternel et infantile.
Excellences, Mesdames et Messieurs, le peuple de Guinée-Équatoriale, au travers de cette requête, vous prie de bien vouloir vous impliquer davantage dans le règlement pacifique de la grave crise politique que vit le peuple équato-guinéen depuis la décolonisation.
Nous demandons à l’Europe, à l’Occident et à toutes les forces démocratiques d’Afrique et d’ailleurs d’user de toutes leurs prérogatives afin d’exiger le départ immédiat du dictateur de Malabo pour laisser place à un régime démocratique de transition.
Dans l’espoir d’un dénouement favorable au peuple équato-guinéen et à toutes les forces démocratiques, nous vous prions d’agréer, Excellences, Mesdames et Messieurs, l’expression de notre haute considération.
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Manuel RUBEN N’DONGO
Président Exécutif du C.R.A.M.O.E.G.
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Fuente: Melle De Mirepoix - CRAMOEG - PARIS