61ème Session de la Commission des Droits de l`Homme des Nations Unies
Genève du 14 mars au 22 avril 2005.
Point 12-a de l`ordre du jour : violence contre les femmes en Guinée Equatoriale
Intervention de Souhila ZITOUNI pour NORD-SUD XXI
M. le Président,
Je souhaiterai attirer l’attention de la communauté internationale sur la situation des femmes en Guinée Equatoriale et des violences perpétrées à leur encontre : violences domestiques et discrimination sociale évidentes par ailleurs, mais surtout violence institutionnalisée par le Gouvernement.
Le statut des femmes en Guinée Equatoriale n’a guère évolué depuis l`indépendance en 1969. Si la participation des femmes équatoguinéennes a été brièvement reconnue lors de la lutte pour l`indépendance du pays dans les années 1960, bien au contraire, depuis l`accession au pouvoir du Général Teodoro OBIANG NGUEMA en 1979, la situation des femmes s’est fortement détériorée.
La violence contre les femmes est conditionnée par le régime répressif du Président Teodoro OBIANG NGUEMA.
La femme est aujourd’hui considérée par le régime en place comme un objet de plaisir au titre de marchandise d’un commerce très lucratif. En effet, les femmes font l’objet d’une prostitution aggravée par le trafic et l’exportation vers des pays occidentaux et plus particulièrement vers l’Espagne qui continue d’entretenir des « bonnes relations commerciales » avec la Guinée Equatoriale. Les gouvernements espagnols successifs, y compris le gouvernement actuel de Zapatero, sont complices de cette situation. Les jeunes filles équatoguinéennes, souvent des adolescentes, se prostituent dans des grandes villes espagnoles sans que les autorités de ce pays prennent des mesures pour mettre un terme à ce trafic.
Il convient aussi de constater que l’oppression dont souffre le peuple de Guinée Equatoriale est vécue d`abord par les femmes et leurs enfants mineurs dans des conditions extrêmes lorsqu’elles sont arrêtées pour des raisons politiques. Elles sont alors violées, torturées et font l’objet de traitements inhumains et dégradants dans les geôles du régime. C’est le cas concret de l’arrestation en octobre 2004 de Madame Odisaria ASUMU NGUEMA, 75 ans, devenue la prisonnière la plus âgée des prisons du pays.
Chaque fois que les autorités organisent une rafle d’opposants politiques, les premières victimes sont systématiquement les mères et les épouses de ceux-ci : c’est le cas de Bibiana OBONO, Angelina ABESO, Petronila OYANA, Felisa ANGUESOMO, Teresa MAYE, Paula NCHAMA et Maria NIEVES. La liste n’est pas exhaustive.
C’est pourquoi Monsieur le Président, il est urgent aujourd’hui d’agir pour faire cesser ces violences qui perdurent depuis plus de trois décennies. Il est important d’envoyer une Commission d’enquête en Guinée Equatoriale. Nous demandons à cette Commission de reconsidérer la Résolution adoptée en Avril 2002 qui avait mis fin au mandat du Rapporteur Gustavo GALLON et de nommer un nouveau Rapporteur spécial pour suivre l’évolution de droits de l’Homme, et plus particulièrement la situation des femmes en Guinée Equatoriale dont la condition ne cesse de se dégrader dans l’indifférence générale de la communauté internationale.
Fuente: NORD-SUD|ASOPGE_Libre