JOHANNESBURG, 4 avr (AFP) - 11h28 -
L´Afrique du Sud devrait renoncer à aider les autorités de Guinée Equatoriale dans le jugement des mercenaires présumés détenus à Malabo, pour ne pas être associée à un procès qui a peu de chances d´être équitable, a estimé un officiel sud-africain dans la presse dimanche.
Jan Henning, adjoint des services du procureur national, est revenu d´une mission à Malabo et a remis au procureur national un rapport recommandant que Pretoria ne se mêle pas de l´instruction ni du procès des mercenaires présumés, malgré une demande de Malabo en ce sens.
”Il y avait un projet d´envoyer certains de nos experts travailler sur le dossier”, a déclaré Henning au Sunday Times de Johannesburg. ”Mais nous avons réalisé qu´en aucun cas nous ne pouvons envoyer nos procureurs ou nos enquêteurs là-bas”.
”Des valeurs de bases que nous avons --comme l´inculpation ou la remise en liberté sous 48 heures, le droit à un représentant légal-- ne sont clairement pas reconnues là-bas” en Guinée Equatoriale, a-t-il estimé.
”Nous ne pouvons être perçus comme aidant un processus de jugement qui n´est pas conforme avec notre respect des droits de l´Homme”, a poursuivi Henning. ”Au bout du compte, il y a une possibilité qu´ils soient executés”, a-t-il rappelé.
L´adjoint au procureur national a aussi indiqué que dans ses rencontres avec les détenus à Malabo, la délégation officielle sud-africaine avait pu confirmer qu´ils portaient des traces de blessures suspectes.
”Les blessures que j´ai constatées ne correspondaient pas vraiment avec les traces habituelles laissées par des paires de menottes”, a-t-il dit.
Un groupe de 15 mercenaires présumés a été arrêté le 7 mars à Malabo, alors qu´ils préparaient, selon les ”aveux” de leur leader sud-africain Nick du Toit sur la télévision officielle de Guinée Equatoriale, un coup d´Etat contre le régime du président Teodoro Obiang Nguema.
A Harare le même jour, les autorités zimbabwéennes ont arrêté une soixantaine de mercenaires présumés à bord d´un avion en provenance d´Afrique du Sud, et qui selon Harare devaient rejoindre le groupe arrêté en Guinée Equatoriale.
SOURCE : AFP
Fuente: Magdalena ADA - SERVICE PRESSE C.R.A.M.O.E.G.